1887 : Amarna, la cité oubliée

Un beau jour de 1887, une jeune paysanne découvre par hasard des morceaux d’argile sous le sable alors qu’elle cherchait du phosphate. Plus de 300 tablettes sortent alors du sol d’Amarna et les paysans les cèdent pour quelques piastres. La valeur de cette découverte était incalculable. Il s’agissait des archives diplomatiques d’Akhenaton avec le Proche Orient ! De quoi réveiller les égyptologues sur un lieu à peine connu : Amarna.

Par François Tonic

Claude Sicard fut sans doute le premier à parler d’une ville perdue, Amarna. Nous étions en 1714. Il faut attendre les savants de Bonaparte à la fin du XVIIIe siècle pour avoir une première description du site et surtout un relevé cartographique. Lepsius fournit au milieu du XIXe siècle les premiers relevés rigoureux. À la fin des années 1880, les paysans locaux découvrent, profondément cachée dans un ouadi, la tombe royale d’Akhenaton, fouillée sommairement (et en détruisant de nombreux indices) en 1891-1892 par Barsanti. Petrie, un des plus grands égyptologues, fouille la citée antique dès 1891-92. Howard Carter y fait sa première mission archéologique en 1892. Petrie découvre les dallages peints, et bas de murs, des palais royaux, ceux qui reçurent Akhenaton et Néfertiti. Malheureusement, ce long travail de dégagement et de préservation est réduit à néant par un paysan qui détruit tout ! Durant les premières années du XXe siècle, Davies, un autre Anglais, relève systématiquement toutes les tombes d’Amarna. Son travail devient rapidement la référence pour les chercheurs et amateurs avec The Rock Tombs of el-Amarna.

En 1907, l’Allemand Borchardt arrive à Amarna. Avec la rigueur de l’école historique allemande, il va fouiller systématiquement le sable recouvrant la cité. En 1912, il découvre la maison du sculpteur Thoutmès. Il met « la main » sur les nombreux visages en plâtre (des masques) des dignitaires, princesses et du couple royal. Surtout, il découvre le fameux buste de Néfertiti. La sortie d’Égypte de cette œuvre empoisonne depuis les relations égyptologiques entre l’Égypte et l’Allemagne… Après la Première Guerre mondiale, les Anglais revinrent sur le site, Pendlebury étant sans doute l’archéologue le plus marquant de cette période. Sans découverte spectaculaire, les Anglais accumulent indices, preuves, objets sur Akhetaton. Après la Seconde Guerre mondiale, le site se rendort jusqu’en 1974. Geoffrey Martin procède à un nouveau travail de relevé et de publication des tombes d’Amarna, les fouilles reprennent en 1977 sous la direction de Barry Kemp. Trente ans plus tard, Kemp poursuit son labeur…

Que cache encore Amarna ?

Amarna demeure mal connu (1). De nombreuses zones sont menacées par l’urbanisation et l’agriculture intensive. Plusieurs monuments ont déjà disparu ou sont sur le point de l’être.

Kom el-Nana

En direction des tombes sud, le site de Kom el-Nana suscite de nombreuses questions. Les premières fouilles remontent à 1988. Il s’agit d’une grande enceinte de 228 mètres par 213. Ce serait l’une des premières constructions d’Amarna. La capitale comptait cinq enceintes sacrées dédiées (au-delà de la ville) au culte d’Aton, Kom el-Nana en faisait partie. Le site possède plusieurs constructions liées à Aton et aux cérémonies royales. On y trouve plusieurs chapelles, au moins un pylône, un pavillon du Sud et surtout une plate-forme centrale servant aux cérémonies importantes. Les fouilles révélèrent des fragments de décoration.

Marou-Aton

Palais de plaisance, il possédait un vaste bassin. Il se situait au sud de la ville. Les premières fouilles remontent à 1921. Il y avait deux enceintes. Le bassin mesurait 120 mètres par 60. Marou-Aton possédait un temple-palais, un kiosque, un grand hall, des maisons. Il fut visiblement construit pour la reine Kiya, avant d’être attribué à Merytaton, la fille aînée. Mal connu, le site disparut durant les années 1960-1970 par l’irrigation intensive, l’agriculture.

Les autels du désert

Autre construction méconnue, les autels du désert. Il s’agit d’une série de constructions, en briques, situées sur la route menant aux tombes nord. Ce site comprend trois ensembles indépendants. Chaque ensemble possède une grande plate-forme pour le culte. Le dernier autel, le plus grand, montre une architecture complexe et devait à l’origine être doté de colonnes. Un lien existe-t-il avec les tombes nord ?

Marc Gabolde et le wadi royal (2)

Outre la tombe d’Akhenaton, le ouadi royal d’Amarna (3) renferme d’autres tombes, un peu comme la Vallée des Rois à Louxor : les tombes 27, 28, 29 (4). Anonymes et parfois inachevées, Marc Gabolde tente d’en comprendre l’histoire, la chronologie et de leur attribuer un propriétaire. Ses fouilles ont permis de dégager les tombes (remblais, intérieur et les alentours). De nombreux objets purent y être collectés, l’un des plus remarquables est un fragment de chaouabty, probablement d’Akhenaton, devant la tombe 27. La fouille a permis de retrouver dans la tombe 28 plusieurs fragments de granit pouvant indiquer la présence d’un sarcophage, qui fut sans doute déplacé ailleurs à une date inconnue. Une certitude, cette partie de la nécropole resta en activité jusqu’à l’abandon de la capitale par le successeur d’Akhenaton. Aujourd’hui, la fouille archéologique est pratiquement terminée, reste un travail d’étude et de publication.

En 2004, l’égyptologue proposa l’hypothèse suivante :

- Tombe 26 : tombe royale d’Akhenaton, à proximité la tombe n°30 servant de cache d’embaumement après les funérailles ;

- Tombe 27 : destinée à une personne royale, les dimensions correspondent (largeur des portes, les couloirs) à celle de la tombe d’Akhenaton. Inachevée, possible propriétaire : la femme roi succédant à Akhenaton ;

- Tombe 28 : hypogée pratiquement achevée. Les dimensions indiqueraient qu’elle fut creusée pour un prince, une princesse (Baketaton ?). Peut-être à mettre en relation avec la tombe 29 ;

- Tombe 29 : la plus grande avec quatre couloirs mais ne possède de chambre funéraire. Peut-être destinée à une reine de rang inférieure (excluant a priori Néfertiti), peut-être Kiya. Pas de traces d’inhumation.

Les fouilles n’ont pas pu donner de certitudes sur l’identité des propriétaires de ces tombes. L’histoire de la nécropole royale d’Amarna reste à approfondir.

Les dernières fouilles de Barry Kemp

Un important travail se déroule sur un site mal connu : le « village de pierre » (à l’est de la ville). La fonction même de ce « village » restait à définir : poste militaire, village d’ouvriers oeuvrant dans les tombes. Les nouvelles fouilles, entamées depuis 2005, mettent en évidence des arrangements linéaires (approximatifs). Malgré la découverte d’objets, fragments divers, aucune certitude quant à la nature exacte de ce village.

Une des découvertes majeures de ces dernières années est un cimetière des habitants d’Amarna (situé au sud des tombes Sud). L’architecture des tombes est des plus simples, quelques vestiges de tombes voûtées en briques furent découverts, ainsi que des restes humains (Kemp ne signale pas de momification artificielle). Malheureusement, les pilleurs ont endommagé le cimetière. De nombreuses inhumations eurent lieu directement dans le sol. Les restes humains démontrent une mortalité infantile élevée. Au printemps 2006, les archéologues notèrent une nouvelle stèle frontière, la stèle H (jusqu’à présent non indiquée). Taillée dans une roche de qualité médiocre, il ne reste plus grand-chose du texte des statues de la famille royale.

Bonne nouvelle, un musée sur l’époque amarnienne devrait ouvrir dans les prochaines années et l’accueil du touriste devrait lui aussi s’améliorer.

Bibliographie

Marc Gabolde (sous la direction de), Rapport sur les travaux entrepris au ouadi Abou Hassah al-Bahari (tall al-Amarna), saison 2005 et saison 2006.

Marc Gabole & Amanda Dunsmore, “The Royal Necropolis at Tell el-Amarna”, in Egyptian Archaeology n°25, 2004.

Barry Kemp, “Tell el-Amarna 2005-6”, in JEA 92, 2006, p. 21-56.

Site officiel : http://www.amarnaproject.com

/// Notes de bas de page ///

(1) A peine la moitié de la cité antique a été explorée et fouillée. Il faudrait réétudier le grand temple, le grand palais, les quartiers urbains.

(2) L’auteur remercie chaleureusement Marc Gabolde pour les communications sur ces travaux pour les saisons 2005 et 2006

(3) Son nom égyptien est Wadi Abou Hassah al-Bahari.

(4) La tombe royale porte le numéro 26 et à proximité, on trouve la « tombe » 30.

1891 : La renaissance des temples de Deir el-Bahari

Mondialement connu pour le temple de la reine Hatshepsout, le grandiose cirque rocheux de Deir el-Bahari recèle trois temples : celui du roi Montouhotep II, d’Hatshepsout, et enfin celui de Thoutmosis III. Les premières véritables fouilles commencent en 1891 avec Édouard Naville. Cependant, il faut attendre 1961 pour que débute la lente reconstruction des monuments.

Par François Tonic

Nous admettons généralement que le grand temple en terrasses est l’œuvre unique d’Hatshepsout. Cependant, tout le monde ne partage pas cette analyse. Wysocki propose de voir deux phases de construction, dont une première datant de Thoutmosis II. Hatshepsout aurait alors repris la première construction pour l’intégrer à son propre projet. Cette théorie reste à conforter par l’archéologie. Le temple, qui comporte trois terrasses, est célèbre pour son architecture atypique et s’intègre parfaitement à son environnement. Ce type de construction n’est pas totalement une nouveauté. Mentouhotep II avait déjà bâti plusieurs siècles auparavant un temple funéraire en terrasses mais moins volumineux. 

Un temple d’exception

Atypique par son architecture en terrasses que l’on pourrait qualifier d’avant-garde, le temple d’Hatshepsout se confond admirablement avec la montagne thébaine. Si Hathor tient une place importante dans le monument, Amon tient également une grande place. Hathsepsout s’attache au dieu Amon pour affirmer son couronnement.

Première terrasse

Cette terrasse a subi de lourdes restaurations. Le plafond n’existait plus et de nombreuses colonnes se résumaient à un moignon. Deux portiques se déploient de part et d’autre de la rampe centrale. À gauche, on trouve le « portique aux obélisques ». Les reliefs montrent le transport de deux énormes obélisques d’Assouan à Karnak, puis l’érection de ceux-ci dans le temple d’Amon à Karnak. Malheureusement, aujourd’hui, la grande scène est difficile à observer par la dégradation de la paroi et une visibilité médiocre due en partie à la perte des couleurs. On discerne tout de même que les obélisques étaient posés sur un gros chaland. Il était tiré par plusieurs remorqueurs totalisant presque 900 rameurs ! Le convoi devait être impressionnant et délicat à manœuvrer. Cependant, le relief représentant le transport les obélisques pose de réels problèmes d’interprétation. Visiblement, les Égyptiens placèrent les deux monolithes dans le sens de la longueur du navire de transport. Une autre hypothèse, détaillée par Wirsching, propose en réalité un transport par un double navire. De l’autre côté de la rampe, nous trouvons le hall de la chasse. Les plus célèbres scènes montrent une chasse d’oiseau sur l’eau. Le détail des restes de reliefs montre une dynamique des gestes et une représentation très naturaliste de la flore et de la faune. Ici comme ailleurs dans le temple, les images d’Hatshepsout furent soigneusement martelées. Devant la première terrasse devait exister une grande allée bordée de sphinx (ou dromos), celle-ci se poursuit à la terrasse suivante.

Deuxième terrasse

Cette terrasse comporte deux grandes chapelles, une pour Hathor, une autre pour Anubis (chapelle basse d’Anubis). Seules les parties extérieures sont aujourd’hui visibles, les couloirs et salles creusés dans la roche demeurent inaccessibles. L’étroitesse des lieux ne permet pas un tourisme de masse et mettrait en danger la bonne préservation des couloirs, risque que l’on observe sur les reliefs conservant leurs couleurs.

À gauche de la seconde rampe, à l’extrémité, se trouve la chapelle d’Hathor. Elle se caractérise notamment par les piliers hathoriques (les chapiteaux ont la forme de la tête de la déesse). Les premières reconstructions datent d’Émile Baraize dans l’entre-deux-guerres, la mission polonaise reprit largement le travail. Une des scènes les plus remarquables est la vache (symbolisant Hathor) léchant la main de la reine. On peut aussi voir la procession de la barque sacrée d’Hathor, la traversée du Nil, son arrivée au temple. Cela fait partie de la Belle Fête de la Vallée. De nombreux soldats participent à l’événement. Au niveau du portique (entre la chapelle d’Hathor et la rampe), se situe la célèbre expédition au pays de Pount.

L’expédition de Pount occupe l’ensemble des murs de ce portique. On peut y voir un paysage de Pount avec plusieurs maisons sur pilotis, l’arrivée de la flotte égyptienne à Pount, les arbres à encens, son retour à Thèbes, l’annonce du succès de l’expédition à Amon. Très vivante, cette grande représentation est unique et elle ne cesse d’interroger les spécialistes. Encore aujourd’hui, on ne sait pas par où passa les navires égyptiens et où se situe Pount. Les textes de Deir el-Bahari demeurent bien peu loquaces.

De l’autre côté de la rampe, on trouve une des plus importantes décorations de Deir el-Bahari : la naissance divine d’Hatshepsout. Racontée en quinze scènes, cette naissance fait partie du processus de justification de la reine à la couronne d’Égypte. À voir absolument même si les couleurs pâles ne facilitent pas l’observation. À l’extrémité, il y a la chapelle basse d’Anubis. Superbe chapelle par sa dimension et la qualité de ses couleurs, toujours très vives malgré 3500 ans. Elle comporte douze colonnes. Si Anubis est la divinité centrale, Amon n’est pas oublié dans une grande scène d’offrande. Hatshepsout fut ici aussi martelé.

Troisième terrasse

Dernière partie ouverte au public, la troisième terrasse a subi un remontage « massif » à cause de son état de délabrement. Le grand portique conserve peu de reliefs mais plusieurs colosses osiriaques de la reine (restaurés et remontés). Cette terrasse se compose d’une grande cour centrale bordée de chaque côté de colonnes avec des accès à un sanctuaire, des chapelles dédiées à Amon-Rê, une cour solaire, une chapelle à son père Thoutmosis Ier, une chapelle haute d’Anubis. Seule la cour centrale est ouverte, et seules quelques colonnes ont pu être reconstituées entièrement. Dans cette cour, les principaux reliefs subsistants se réfèrent à la Belle Fête de la Vallée.

Plus de 40 ans d’efforts !

De nombreuses parties du temple ont subi de graves dégâts par l’eau, les éboulements ou encore les hommes (carrières, occupations tardives). Depuis 40 ans, les Polonais, en charge du site, ont pu reconstituer l’ensemble architectural et surtout replacer plus de 200 blocs d’origine à leur place. Il en reste encore des centaines d’autres. Les archéologues ont entamé un nettoyage des surfaces afin de redonner aux couleurs leurs éclats et ce travail se poursuit toujours. La troisième terrasse concentre une grande partie des efforts. Ici, comme ailleurs à Louxor, les remontées de sels et de la nappe phréatique posent des soucis de préservation.

Aussi étonnant que cela puisse être, ce n’est qu’en 1961 que les fouilleurs polonais découvrent le temple de Thoutmosis III situé entre les temples de Mentouhotep et d’Hatshepsout. Très ruiné, principalement à cause des éboulements venant de la falaise en surplomb, le monument a été écrasé. Les archéologues ont dégagé les éléments principaux. Il reprenait l’architecture en terrasses. Dédié à Amon, il devait sûrement servir de reposoir à la barque sacrée de ce dieu durant la Belle Fête de la Vallée. Il semble que ce monument fut initié par la reine et non par Thoutmosis III, ce dernier reprit le monument à son compte. Les vestiges de décoration montrent là ainsi une qualité exceptionnelle et toute la maîtrise des artisans.

Momie de Toutankhamon : la momie d'Akhenaton retrouvée, mais aussi celle de Tiyi, et peut être de la mère du jeune roi !

par François Tonic


MISE A JOUR 17 février 2010
conclusion dans les grandes lignes de l'analyse révélé par le journal américain Jama :

l'analyse génétique montre que le squelette de la tombe 55 est lié à Toutankhamon et que la young lady de la tombe 35 aussi. des traces de malarias furent découvertes sur 4 momies analysées. 10 momies furent analysées sur plus de 2 ans, ces momies pouvaient avoir un lien avec toutankhamon. d'autres momies se sont rajoutées aux analyses (datant du début du Nouvel Empire), 2 momies de femmes provenant de la cachette de la tombe 35 furent analysées.

les analyses ont pu démontrés que l'on avait bien les momies d'Amenophis III, Akhenaton, Toutankhamon. mais l'analyse montre aussi que l'on a retrouvé la momie de Tiyi dite de la vieille dame (tombe 35 de la vallée des rois, cachette royale) ! grande nouvelle donc !

le squelette de la tombe 55 est bien celui d'Akhenaton ! Et tout montre que Akhenaton soit bien le père de Toutankhamon ! Pour la mère, il parait s'agit de la momie de la tombe 35 dite de la jeune dame ! Mais malheureusement, faute du moindre indice, texte, son identité reste inconnue !

autre grande nouvelle, les deux foetus de la tombe 62 (de toutankhamon donc) sont bien des enfants de toutankhamon. pour la mère, il s'agirait de la reine de Toutankhamon (et aussi sa soeur ou demie soeur). La momie inconnue de la tombe 21 (momie dite kv21a) serait donc la momie de reine de Toutankhamon !

sur la mort de toutankhamon : le roi souffrait de plusieurs maladies et déformations comme l'atteste la momie. il est confirmé que le roi marchait sans doute mal et avec l'aide de cannes. des traces de malarias furent retrouvés sur la momie du roi mais aussi sur les momies des parents de sa grand mère : tuya et youya. mais est-ce la cause de la mort ? pas sur car l'identité de la forme de malaria reste à confirmer à 100 %.

ages supposés des momies (des individus à leur mort, âge approximatif) :
momie kv55 : env. 35-45
momie jeune dame : 25-35 ans, pas incompatible avec Néfertiti
momie veille dame : 50 ans
foetus de toutankhamon : 5 et 7 mois
momie kv21a : 25-40 ans
momie kv21b : 25-40, soeur de toutankhamon ? son épouse, lien de parenté très incertain

lien Jama : http://jama.ama-assn.org/cgi/content/short/303/7/638?home

UNE NOUVELLE TOMBE DANS LA VALLÉE DES ROIS ? KV64 ET KV65

par François Tonic


MISE A JOUR 11 août 2009
Depuis plus de 18 mois, une équipe égyptienne explore les entrailles de la vallée des Rois, la grande nécropole royale des pharaons du Nouvel Empire, située sur la rive gauche de l’actuelle Louxor. Malgré plusieurs tranchées pour rejoindre la roche naturelle, des dizaines d’ouvriers, aucune tombe n’a pour le moment été découverte malgré l’optimisme de l’été 2008.

Il faut en effet se rappeler que l’été 2008 fut celui des rumeurs et des annonces. Zahi Hawass annonçait en conférence que deux nouvelles tombes seraient dévoilées au monde. Malheureusement, aucune nouvelle tombe n’a pour le moment été annoncée. Tout débuta par une première exploration près de la tombe de Merenptah pour mieux comprendre l’organisation de cette partie de la nécropole, jamais explorée.

Si des traces de creusement ont pu indiquer la présence d’une tombe, le verdict fut cependant rapide : rien. Cependant, l’exploration de la zone permet aujourd’hui de mettre au jour une sorte de système de drainage sans doute aménagé par les anciens Égyptiens afin d’évacuer les eaux de pluies. Rapidement, une vaste exploration du centre de la vallée va se réaliser. Il s’agit de retrouver le sol antique, passant à 5-6 mètres sous le niveau actuel du sol.

Photo prise en juillet 2009. Secteur de la tombe de Merenptah. La roche est atteinte. Aucune tombe découverte. Un système de bassin semble avoit été mis en place par les anciens égyptiens pour canaliser l'eau tombant depuis les falaisses. La fouille est arrêté pour l'été. Et les trous au centre de la vallée ont été comblés.

La théorie de l’inondation

Étonnamment, la géologie de la nécropole royale des rois du Nouvel Empire (16e-11e siècles av. J.-C.) a fait l’objet de peu d’études. Une des dernières en date est celle de l’équipe de Kent Weeks (Theban Mapping Project). Steve W. Cross mêle la géologie et l’étude la plus complète possible de l’hydrologie de la vallée des Rois, composée de ouadi, des lits asséchés, dans lesquels, périodiquement, des pluies torrentielles dévalent et déplacent d’énormes quantités de déblais. Et ce faisant, modifient les aspects de la nécropole.

La vallée se compose de deux grandes couches géologiques : une calcaire (formation thébaine) et une marneuse (formation d’Esna ou aussi appelée tefflah). La marne est très sensible à l’humidité et les pluies torrentielles favorisent son gonflement et sa déformation.

La tombe la plus célèbre fut découverte en novembre 1922. Dans la description des fouilles, Carter indique que les huttes d’ouvriers se situaient sur une masse de rochers (ou plus exactement sur du silex). Mais pour Steve, il s’agit plutôt d’une couche provenant d’une des pluies torrentielles, et non une couche « naturelle ». Cependant, la tombe fut-elle masquée à la suite d’une de ces pluies, comme Carter l’évoqua au départ de la fouille, bien que se contredisant 10 ans plus tard (1932) ? Carter finit par conclure que la tombe ne fut pas recouverte peu après sa fermeture par une inondation (faute d’indice sur le terrain) ! Cependant, notons qu’une couche provenant d’une inondation est visible au-dessus d’une première couche de déblais, qui pourrait être due aux dépôts naturels : sable, vent, etc. Mais Steve pointe du doigt un élément mal connu du public : la structure des dépôts masquant la tombe. Et cela peut modifier aussi la chronologie des deux pillages et de la refermeture de la tombe. Steve pense que la dernière fermeture (suite au deuxième pillage) eut lieu durant le règne de Aÿ et non sous Horemheb (l’étude des scellements pourrait en effet plaider pour Aÿ). À ce moment-là, sous Horemheb, l’emplacement de la tombe était sans doute déjà invisible.

Les conséquences de cette théorie sont importantes. Car pour Steve W. Cross, il pourrait y avoir une autre tombe dans le même secteur que KV55, 62 et 63. Peut-être la tombe 64 ! Steve note la raideur de la pente des collines (il écrit « ravin »). Il note aussi que la couche due à cette inondation se limite essentiellement à la zone centrale de la nécropole avec le petit éperon rocheux de la tombe 8. Pour Steve, la possible nouvelle tombe se situerait dans la partie est de la couche de l’inondation, car KV55 est située au nord, KV62, à l’ouest, KV63 au sud… Bref, reste à exploiter le coin est, ce qui n’a jamais été fait jusqu’à présent !

Quelques mois après l’annonce de la découverte de KV63, Nicholas Reeves dévoila une étude géo-radar réalisée en l’an 2000 et montrant une anomalie, justement dans la zone est ! Mais est-ce simplement un vide dans la roche (une cavité naturelle) ou la présence d’une tombe ? La localisation de la possible tombe 64 permet de la dater de la XVIIIe dynastie. Et d’après les plans de Carter, nous savons aussi que des huttes existaient sur cette section est…

Aujourd’hui, le lit rocheux est en partie visible dans ce secteur. Le service des Antiquités a demandé une nouvelle étude radar de la zone à une équipe japonaise. Résultat : l’anomalie est bien confirmée. Reste à fouiller la zone !

Et aujourd’hui ?

L’équipe égyptienne a aussi ressorti de l’oubli une analyse radar datant de 1976 mettant en lumière 9 anomalies dans les environs de la tombe de Toutankhamon et celle toute proche de Ramsès VI. Il ne faut en tirer aucune conclusion comme ce qu’on peut lire parfois sur des forums égyptologiques ou même dans la presse. Il faut tout d’abord effectuer de nouvelles analyses avec un matériel et des méthodes plus récentes. Mais il faut aussi tenir compte de la nature géologique qui rend difficile toute conclusion, car on ne peut pas faire une différence entre une anomalie naturelle (creux, cavité) et une anomalie humaine (comme une tombe).

Une des missions des archéologues égyptiens est de vérifier les différentes anomalies repérées en 2000 par Reeves. Une en particulier semble retenir l’attention des fouilleurs : l’anomalie n°5, très proche de la tombe de Toutankhamon, et qui pourrait être la future tombe 64 de la vallée des Rois. Hawass, suite aux fouilles de cette zone, s’est rendu à l’évidence, l’anomalie 5 n’était sans doute qu’une réflexion des huttes ou de la roche naturelle située à 6 mètres sous le niveau actuel ! Ensuite, l’équipe égyptienne s’intéressa à l’anomalie 2 de Reeves, près de l’actuel Rest House. Résultat : l’anomalie vient sans doute de deux failles naturelles de la roche ! Mais comme l’écrit Hawass dans son « rapport » de mission : peut-être sommes-nous proche de KV64 passant sous les chemins utilisés par les touristes. Seule l’archéologie le dira !

Les résultats

À l’heure où nous écrivons, les découvertes majeures sont :

- des huttes datant des Ramsès ;

- une grotte naturelle n’ayant visiblement jamais servi ;

- un début de puits (?) qui ne serait qu’un début de fouille dans le sol ;

- un trou dans un flanc de colline qui n’a semble-t-il rien donné de concret.

De très nombreuses poteries furent aussi découvertes ainsi que de nombreux graffitis qui n’apportent que peu d’indices sur la présence d’une tombe. De nouvelles fouilles sont en cours près des tombes de Ramsès I et Séthy I. Ces fouilles ont déjà permis de découvrir de nouvelles huttes. Début avril : ordre fut donné de détruite le rest house actuel près de la tombe de Séthy I pour aller voir ce qu’il y a en dessous. Après avoir chercher la tombe de Ramsès VIII, Zahi Hawass souhaite découvrir la tombe de Néfertiti et il espère qu’elle se trouve sous le rest house. Reste aussi à réguler le tourisme dans le centre du la vallée de rois pour éviter les embouteillages, faute de place…

Hawass chercherait aussi la tombe de la reine Tiyi, mère d’Akhenaton. Selon lui, elle se trouverait dans la vallée de l’ouest (contenant les tombes d’Amenhotep III et de Ay). Or jusqu’à preuve du contraire, Tiyi ne fut pas inhumée dans une tombe séparée mais dans celle de son mari, le roi Amenhotep III !

MISE A JOUR 26 AOÛT 2008
il y a depuis quelques semaines la plus grande confusion sur l'éventuelle tombe 64 et 65 de la vallée des rois. Hawass a fait une conférence en Angleterre il y a quelques jours où ils mentionnent KV64 et 65 sans pour autant donner trop de détails et pour le moment, aucune annonce officielle n'a été faite. Il semble bien que l'équipe égyptienne ait découvert deux entrées (????) de tombe, de puits, ou d'une cache l'une datant plutôt de l'époque ramesside et l'autre de la XVIIIe. Peu de détails, pas mal de détails assez vagues et nous ne savons pas précédement la nature des tombes : tombe inachevée, abandonnée, simple cache ? nous ne savons pas.

il faudrait sans doute attendre le reprise des fouilles annoncée pour octobre prochain ! Donc oubliez la supposée KV64 indiquée par Reeves, pour le moment !

MISE À JOUR FIN MAI 2008
un magazine allemand Mysteries Magazine vient d'annoncer la possible découverte de la tombe de Néfertiti dans la vallée des rois, dans la zone fouillée par l'équipe égyptienne (près de la tombe de Merenptah). le magazine dit que la tombe fut découverte en novembre 2007 et que les égyptiens gardent le silence.

mais en réalité aucune certitude faute d'informations. on parle d'un escalier à l'entrée mais de là dire qu'il s'agit d'une tombe amarnienne, cela peut correspondre à une tombe plus ancienne. et bien entendu, on parle de la tombe de Néfertiti !

il faut se montrer d'une très grande prudence. car le magazine est avant tout porté sur l'ésotérisme.

ATTENTION MISE À JOUR DU 7 MAI 2008
Un communiqué officiel de Zahi Hawass donne quelques nouvelles des fouilles. Dans la tombe de Séthy I, malgré des rumeurs, aucune salle inconnue n'a été découverte au bout du long tunnel situé après la salle funéraire. L'équipe égyptienne a pu dégagé des dizaines de mètres mais l'état précaire de la roche a obligé la mission archéologique a arrêter la fouille. Il faut d'abord stabiliser le tunnel.

Sur la fouille dans les environs de la tombe de Merenptah, pas d'avancée non plus. Un ancien graffiti a été retrouvé. Un sol travaillé a été découvert au sud de Merenptah mais sans savoir si une tombe se trouve là ou non et le lieu indique des bouleversements. Un autre creusement, au nord, a été découvert ainsi que des huttes d'ouvriers. Un radar doit être utilisé pour en savoir plus mais la fiabilité de cette inspection géomagnétique n'est pas fiable à 100 %.

Bref rien de bien nouveau pour le moment. Wait and see

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Depuis plusieurs mois une équipe égyptienne fouille dans la zone de la tombe de Merenptah dans la vallée des rois. De nombreux rumeurs circulent sur la possible découverte d'une nouvelle tombe. Zahi Hawass n'a pas caché qu'il souhaite trouver la tombe de Ramsès VIII (inconnue) ou de Thoutmosis II (inconnue aussi), voire les deux. Cette zone de la vallée des rois est très mal connue. Une découverte est donc possible. Depuis quelques jours, on parle de plus en plus d'une découverte, une porte, un escalier. Immédiatement, les esprits imaginent la découverte de la tombe de Néfertiti comme le magazine allemand Mysteries qui l'annonce ! Mais son argumentaire ne repose sur pas grand chose, voire rien du tout, hormis la possible présence d'un escalier à l'entrée qui signifierait pour le magazine qu'il s'agit d'une tombe amarnienne. Pas vraiment, l'escalier à l'entrée est une pratique courant dans les tombes d'avant Akhenaton et même après.

Photo prise en décembre 2007, au début des fouilles près de la tombe de Merenptah

La 17e dynastie

par le Professeur Claude Vandersleyen


L’Égypte pharaonique a connu des périodes de faiblesse et d’impuissance ; la plus profonde fut celle  qui se situe entre le Moyen Empire et le Nouvel Empire, ce qu’on appelle la Deuxième Période Intermédiaire. Et dans cette période, l’époque la plus noire fut la 17e dynastie.

En témoignent le désordre et les lacunes des informations anciennes à son sujet. La liste des rois qu’a fait inscrire Séthy Ier dans son temple d’Abydos passe directement de la 12e à la 18e dynastie ; il omet donc toute la Deuxième Période Intermédiaire au sens le plus large. Il en allait de même pour la liste voisine de Ramsès II et pour la liste de Saqqara. Le Papyrus Royal de Turin s’arrête immédiatement avant la 17e dynastie. Dans l’histoire d’Égypte de Manéthon, ce prêtre égyptien qui a vécu sous Ptolémée II (3e s. av. J.C.), on n’a trouvé aucun nom qui concerne cette dynastie. Ce trouble de la tradition est parallèle au trouble de l’État dont la cause — ou la conséquence ? — est l’infiltration de populations asiatiques  de plus en plus nombreuses dans le Delta, infiltration s’achevant par l’invasion violente de ceux que Manéthon a appelé les Hyksos et auxquels il attribue la 15e dynastie. Ils occupèrent momentanément toute l’Égypte ; la réaction égyptienne vint de la Haute Égypte. C’est la 17e dynastie qui a mené cette guerre, qui fut — dit Manéthon — « longue et cruelle ».

 

Reconstituer la liste des rois

Puisqu’on sait que la 15e dynastie aurait duré 108 ans, ce pourrait être aussi la durée de la 17e — simple hypothèse à ce jour. Les premiers renseignements sur cette dynastie sont venus de la nécropole de Dra Abou’l Naga, sur la rive ouest du Nil à Thèbes ; en 1827 y fut trouvé par les habitants de l’endroit le cercueil d’un roi Antef ; dans la quarantaine d’années suivantes, la nécropole livra d’autres rois : deux autres Antef provenant d’une même tombe, un Kamosis, une reine Iahhotep. Un papyrus, le Papyrus Abbott, révélé à la même époque, contient un compte rendu d’une inspection menée notamment dans cette même nécropole, sous le règne de Ramsès IX, pour vérifier d’éventuels pillages ; on y mentionne les noms de deux Antef, de Sébekemsaf, de Kamosis, de Séqénenré Djéhouty-Aa et du prince Iahmès Sapaïr, que les inspecteurs ont pris pour un roi. Ce rapport d’inspection a été confirmé par les déclarations d’un coupable à la suite d’un procès sur les pillages : c’était la nécropole de la 17e dynastie.

 Pour compléter ces informations, il y a les listes de rois inscrites dans deux tombes de Deir el-Médina, la tombe de Khabekhnet (n° 2) sous Ramsès II et celle de Inherkhaouy (n° 359) sous Ramsès IV et une table d’offrande au musée de Marseille. Ces documents, et quelques autres, permettent de relier la 17e dynastie à la 18e. La succession relativement sûre commence à Sébékemsaf Shedtaouy (sans doute le même qui s’appelle aussi Shedouaset), à qui succèdent ses trois fils, Antef Oupmaat, Antef Héroubermaat et Antef Noubkheperré. Ce groupe de quatre rois est suivi de Sénakhtenré dont les liens de parenté avec les prédécesseurs et les successeurs sont inconnus ; qu’il appartienne au moins à la famille de ses successeurs est probable puisqu’il figure parmi ceux-ci dans les listes ramessides. Vient ensuite Séqénenré Djéhouty-Aa (ex. Taa-aa), massacré après la mort de son fils aimé et héritier, le prince Iahmès ; à Séqénenré succède Kamosis, lié par des documents archéologiques à la même famille, prédécesseur d’Amosis et donc dernier roi de la 17e dynastie ; son nom apparaît sur des objets retrouvés dans le cercueil de la reine Iahhotep à Dra Abou'l Naga, ensevelie par son successeur Amosis, dont ce n'est toutefois pas la mère.

 En résumé, il y a sept rois assurés dans la 17e dynastie : Sébekemsaf Sekhemré Shedtaouy, Antef Oupmaat, Antef Hérouhermaat, Antef Nebkheperré, Sénakhtenré ou Sekhentenré, Séqénenré et Kamosis.

 Avant ceux-ci, on cite souvent les noms de Rahotep et de Sébekemsaf Ouadjkhaou et d’autres peut-être plus anciens encore; j’ai suggéré naguère qu’ils appartenaient tous les deux à la fin de la 13e dynastie. Pour Rahotep, il n’y a rien qui puisse préciser sa place dans la 17e dynastie ou avant. Pour Sébekemsaf, j’ai été étonné par sa statue du Caire (CG 386, PM V, 46), d ‘une qualité exceptionnelle, alors qu’il n’y a aucune statue digne de ce nom sous la 17e dynastie, à part celle du prince Iahmès, fils de Séqénenré, au Louvre. En l’absence d’autres indices, la qualité de cette statue de Sébekemsaf — et de quelques autres du même roi — m’a semblé digne d’être notée et justifiait qu’on le place dans la 13e dynastie..  Quant à l’autre Sébekemsaf, Shedtaouy, celui dont la tombe a été pillée à l’époque ramesside, il est bien attesté à Dra Abou’l Naga parmi les autres princes sûrement de la 17e dynastie.

 

Les Hyksôs

L’histoire de cette dynastie ne dépasse guère la liste de ses rois. Il est pourtant fondamental de souligner que c’est cette dynastie qui a dû guerroyer contre les Hyksos. De cette occupation hyksôs et des drames qu’elle a pu provoquer, il n’y a que peu de traces. Au contraire, à cette période de guerre et de difficulté correspond le luxe merveilleux attesté par les « Beaux Cercueils » princiers et parfois leur contenu, non seulement ceux de rois — Antef Oupmaat, Antef Noubkhéperré, Séqénenré Djéhouty-Aa — mais aussi de reines — Iahhotep I, Satdjéhouty . Pourtant, à l’ouverture du cercueil de Séqénenré, on a découvert un corps tordu, un visage défoncé, le crâne percé de coups. Sans cette découverte, on n’aurait pu deviner la brutalité de ce temps. La succession des trois Antef pourrait être le signe d’une suite de règnes courts, sans héritiers, d’autant que le cercueil d’Antef Hérouhermaat est un monument médiocre à côté de ceux de ses deux frères ; on n’a pas eu le temps ( ?), la possibilité ( ?), de lui creuser une tombe personnelle: on l’a enseveli avec son frère Antef Oupmaat, et les fouilleurs du 19e siècle ont en effet trouvé les deux cercueils dans la même tombe ; déjà les inspecteurs de Ramsès IX n’avaient pas repéré de tombe au nom d’Hérouhermaat. Le fils aîné de Séqénenré, le prince Iahmès est sans doute mort à six ans, avant son père lequel a été massacré par la suite ; à la mort du prince Iahmès, il n’y avait plus d’héritier car un autre Iahmès, celui qui allait devenir le roi Amosis, n’était peut-être pas encore né. Quand Séqénenré fut tué, c’est Kamosis qui a occupé le trône et qui a continué la guerre contre les Hyksos. Il a régné au moins trois ans, guerroyant sans cesse selon les stèles où il a raconté ses combats. A-t-il régné plus de trois ans ? Guère, car son successeur Amosis ne devait avoir que quelques années —  cinq ou six ? — à son avènement. Est-ce à cette situation de guerre qu’est due la mort prématurée du fils de Séqénenré : a-t-il été tué, lui l’héritier, comme le sera son père ? Cette époque qui est celle où les Hyksôs vont quitter l’Égypte a vu en même temps partir cette fraction de leur groupe, le peuple d’Israël dans son Exode. La Bible a conservé le souvenir d’une époque effroyable, ce sont « les Plaies », où des difficultés de l’époque ont été « mises en scène’  dans le cadre de l’histoire du peuple hébreu ; la dernière plaie était la mort des premiers nés, même des rois : un écho de réalités historiques ?

 Comme témoignage précis de cette époque de tension, on a conservé un édit d’Antef Noubkhéperré, émis à Coptos ; d’après ce texte très dur, le roi chassait ignominieusement un haut fonctionnaire de la façon la plus définitive, sans jamais dire, même par allusions, ce qu’on lui reprochait. Sans doute était-il un rival, peut-être même un allié des Hyksôs ? C’était un certain Téti « maudit soit son nom ! », le même peut-être dont on parlera encore sous Kamosis ; peut-être appartenait-il à la même famille que le Téti-An qui s’est rebellé contre Amosis.

 Il n’est pas exclu du tout que d’autres rois ne se révèlent encore un jour. Cette période de l’histoire a beaucoup bougé en 10 ans. Les fouilles allemandes et espagnoles à Dra Abou’l Naga promettent encore bien des éclaircissements. Ajoutons que la définition même de la 17e dynastie n’est pas encore stable : y eut-il encore des rois avant Sébekemsaf Shedtaouy qui seront rattachés à cette dynastie ?


Nicholas Reeves : retour sur la tombe 64 de la vallée des rois

Interview réalisée par François Tonic


Égyptologue, spécialiste reconnu de la période amarnienne et de la Vallée des Rois, Nicholas Reeves est depuis fin juillet au cœur de l’affaire KV64[1], une possible nouvelle tombe dans la Vallée des Rois. Nous avons interrogé Nicholas Reeves pour savoir pourquoi ce spécialiste a dévoilé l’existence d’une possible nouvelle tombe… Le débat a au moins le mérite de poser la question de l’avenir archéologique de la Vallée des Rois.

[1] La numération des tombes va actuellement de la tombe 1 à 63. La 63 fut découverte récemment par Otto Schaden.

Pourquoi avez-vous publié les différentes analyses et leurs résultats à propos d’une possible tombe 64 dans la Vallée des Rois ?
La prospection radar de l’ARTP[1] fut entreprise en l’an 2000 et dura 6 mois. Pourquoi avoir attendu jusqu’à maintenant pour publier ces informations au public ? Il y a plusieurs raisons. Premièrement, la nécessité de calibrer nos résultats après la découverte de la tombe 63 par Otto Schaden l’an dernier ; nous avons alors revu nos résultats et, sur cette base nouvelle, nous avons pu établir des conclusions plus définitives que ce que nous avions précédemment. Ce réexamen est encore en cours et nous publierons les résultats progressivement. Deuxièmement, il y a plus que des données scientifiques pour parler de l’existence d’une autre tombe au centre de la vallée. Le fait que la tombe 63 contienne des restes d’embaumements est significatif en soi, cela indique l’existence d’une tombe inconnue de la période amarnienne ou juste après. De plus, il serait désastreux de creuser à l’aveuglette ! Un des principaux objectifs de l’ARTP était la découverte de secteurs s’étendant sous les chemins qu’empruntent les touristes ; d’un point de vue archéologique encore intacts avec une stratigraphie préservée, ils peuvent nous fournir un contexte pour ces tombes, si mal excavées par le passé. En révélant, par avance, l’endroit possible de la tombe 64, mon espoir est qu’elle devienne réalité, tout en limitant les dommages collatéraux, qui apparaîtraient nécessairement sans une analyse préalable précise. Troisièmement, le point le plus important, je souhaite utiliser la possible existence d’une autre tombe pour la publicité, pas pour moi, mais pour la Vallée des Rois, avec la potentielle reconnaissance de l’ARTP, pour son travail et pour éviter les dommages qui seraient certainement arrivés sur ce site archéologique fragile si l’égyptologie ne ralentit pas. Il faut mettre en application et adhérer à une stratégie claire pour fouiller à l’emplacement (indiqué) et présenter un protocole archéologique strict pour l’excavation et la recherche des tombes restantes (à trouver).  

[1] Amarna Royal Tombs Project, http://www.valleyofthekings.org/vofk/default.htm

Quel est votre sentiment sur la tombe 64 ?
Évidemment l’existence de « KV64 » est à ce stade loin d’être avérée, d’où les guillemets, aucune fouille n’ayant été entreprise. Il est clair, néanmoins, que le radar de l’ARTP a indiqué un vide d’une certaine nature. L’explication d’un tel vide dans une nécropole est qu’elle représente une tombe. À qui serait ce tombeau ? Si la profondeur (estimée) correspond à l’âge relatif (de la tombe), ce qui peut ne pas être le cas, alors KV64, si c’est une tombe, devrait être antérieure à la tombe de Toutankhamon[1]. Il pourrait être le lieu d’inhumation d’une ou plusieurs reines d’Akhenaton, peut-être la tombe de Néfertiti elle-même. Cela pourrait être un dépôt éventuellement intact. Bien entendu, à ce stade, ce n’est pas que de la spéculation. De plus, il ne faut pas oublier que ce n’est pas un site ordinaire. Il s’agit de la Vallée des Rois où les enjeux sont très très grands. Lord Carnavon, le soutien financier de Carter, disait que vous pouvez trouver de grandes choses dans la vallée ou rien du tout ! Nous pourrions, très sérieusement, avoir le miracle d’un 2e Toutankhamon, une découverte extraordinaire, avec un fabuleux mobilier funéraire, et hermétiquement scellé avec l’air, les odeurs, les pollens, insectes, microbes, poussières ; un environnement de recherche inestimable serait à étudier avec des données très rares à récolter. Dans le cas de Toutankhamon, tout cela a été à jamais perdu quand Carter et Carnarvon ont brisé les sceaux. S’il y a une prochaine fois, nous devons être préparés à cela ! Nous devons faire mieux !

[1] KV64 est plus profondément creusée que la tombe du jeune roi

Pensez-vous fouiller encore dans la Vallée des Rois dans un proche avenir ?
Mes études et ma carrière ont été centrées sur la Vallée des Rois. Et je voudrais naturellement continuer mon travail. La suspension (de ma concession de fouille) n’est plus une question. Comme c’est toujours le cas, des concessions spécifiques sont données d’année en année, à la discrétion du SCA[1]. En Egypte ou non, je suis ravi de contribuer de quelque manière que ce soit aux objectifs dont j’ai parlé.

[1] les antiquités égyptiennes

La 63e tombe de la Vallée des rois

Par François Tonic

Après quelques jours de rumeurs, la nouvelle est tombée le 9 février dernier : une nouvelle tombe dans la Vallée des Rois a été découverte ! La première depuis 1922 et le tombeau de Toutankhamon. Désormais, l’hypogée porte le numéro 63. Le 10 février, Zahi Hawass et de nombreux officiels des antiquités égyptiennes ont participé à la « cérémonie ».

Avertissement : étant donné la constante évolution des informations, ce présent article s’appuie sur les données disponibles au moment de sa rédaction. Il est possible que de nouvelles analyses et hypothèses soient disponibles à la sortie de ce numéro de Toutankhamon Magazine[1]. Nous n’avons eu que des réponses partielles d’Otto Schaden, le directeur des fouilles.

 La tombe 63 ou KV63 (KV = King Valley, Vallée des Rois) suscite énormément d’interrogations. Le premier plan de localisation créé par la BBC s'est révélé erroné. Et les différents articles du monde entier sont restés imprécis sur l’emplacement de la tombe. Il a fallu attendre quasiment une semaine pour voir apparaître une première carte[2] réaliste. La présence de la tombe de Toutankhamon (tombe 62) a aiguisé les commentaires et toutes les références de la tombe 63 se faisaient sur celle du jeune roi…

 Une découverte inattendue
Après avoir en grande partie étudié et nettoyé la tombe n°10 du mystérieux roi Amenmès (XIXe dynastie), usurpant les pouvoirs de Séthy II durant quelques années, l’équipe d’Otto Schaden s’occupait de nettoyer les abords du tombeau : devant, sur les côtés, sur les flancs de la colline. Après de longs efforts, les archéologues retrouvèrent le sol antique et découvrir plusieurs huttes, de part et d’autre de l’entrée de l’hypogée royale. Les plus nombreuses se trouvant à l’est (à gauche de l’entrée). Ces huttes datent sans doute de l’époque d’Amenmès. Elles servaient à loger les ouvriers et artisans creusant et décorant la tombe du roi. Après avoir enlevé ces constructions, une légère dépression se dévoila aux chercheurs. Plusieurs mètres sous le niveau des huttes, un puits vertical se fit jour à la fin de la saison 2005…

La localisation
La tombe 63 se situe donc près de l’entrée de la tombe 10 et fait face à la tombe 62, celle de Toutankhamon[3]. La carte de la BBC[4] pouvait, par extrapolation, faire penser à deux fouilles précédentes. Depuis 30 ans, on soupçonne la présence d’une ou plusieurs anomalies géologiques dans la zone de la tombe de Toutankhamon et de Ramsès V/VI.

Ce n’est pas un hasard si plusieurs tombes se trouvaient sous des huttes. Les pluies torrentielles s’abattant sur Thèbes Ouest périodiquement charrient d’immenses quantités de débris. La tombe de Toutankhamon fut sans doute cachée grâce à cela, pareillement pour la tombe 63. De plus, les débris du creusement des tombes voisines s’accumulaient aussi.

À la recherche des puits inconnus de Carter
En 1977, une étude au sonar est effectuée par Lambert Dolphin[5] dans la zone de la tombe de Toutankhamon. Elle relève plusieurs échos inconnus pouvant correspondre à des cavités. Nicholas Reeves entreprend des fouilles dans la même zone à partir de 1998 (projet Amarna Royal Tomb Project). Sans doute au même endroit, Howard Carter, peu après la découverte de Toutankhamon, semble avoir mis au jour un ou deux puits. Reeves note dans son compte-rendu du 7 décembre 1998 : « Les autres développements intéressants est que Nubi ait parlé avec plusieurs hommes de son village qui travaillèrent avec Howard Carter au début des années 1920. Aujourd’hui, ils sont très âgés mais ils se rappellent distinctement que Carter trouva l’entrée de deux puits funéraires (shaft tombs) entre la tombe 56 et la tombe de Ramsès VI, précisément dans la zone que nous fouillons. Apparemment, Carter ne les excava jamais parce que cette découverte venait peu de temps après celle de Toutankhamon et que son attention était focalisée [par la tombe du jeune roi] ». Bien qu’il faille se montrer prudent, ce témoignage pourrait être intéressant pour de futures fouilles. Par d’anciennes photographies, on sait que Carter était à quelques mètres de découvrir kv63 lors de ses fouilles…   

Le 28 février, Nicholas Reeves réclama tout ou partie de la découverte. Il précise que son équipe avait en l’an 2000 effectué des analyses-radars de la zone où se situe KV63[6]. L’équipe d’Otto Schaden affirme ne pas avoir eu connaissance de cette étude pour ces fouilles. Cependant, durant les deux saisons suivantes (2001 et 2002), Reeves ne fouilla pas la zone.

La découverte
La trouvaille est due à une équipe de l’université de Memphis dirigée par Otto Schaden, explorant les alentours de la tombe d’Amenmès après avoir excavé et étudié l’intérieur du tombeau durant plusieurs années. Après avoir dégagé le site des huttes des ouvriers datant de l’époque ramesside, les fouilleurs découvrirent une dépression au niveau du sol. Cet indice signifiait la présence de quelque chose. Durant plusieurs jours, les archéologues dégagèrent les gravats et le sable. À plus de 3 mètres sous le niveau actuel du sol de la Vallée des Rois, un début de puits se dessine. Sur plusieurs mètres, le puits s’enfonce dans le roc de la nécropole. Puis, après des jours de labeur, au fond d’un puits de 10 mètres, un accès horizontal de 5 mètres qu’une porte constituée de blocs de calcaire bloque… 

La datation de la tombe 63
Selon l’emplacement de la tombe dans la nécropole royale de la Vallée des Rois, ce tombeau, ou shaft tomb en anglais pour nommer les tombes à puits, date de la XVIIIe dynastie. Il s’agit sans doute d’une fondation privée et donc pas d’une tombe royale. L’architecture de la tombe ne correspond en rien aux tombes royales de la même époque. De nombreuses personnes ont tout de suite fait un rapprochement avec la tombe de Toutankhamon ou encore la cachette amarnienne (tombe 55). Cependant, l’architecture de KV63 ne ressemble pas à celle de KV62 ou de KV55. KV63 se rapproche plutôt des tombes 36, 44, 45 et 48. Elles possèdent la même organisation : un puits suivi d’une chambre. Leur creusement se situe en Amenhotep II et Amenhotep III.

On évoque aussi une ressemblance avec KV56, la tombe d’or (golden tomb). Hypogée privé, les égyptologues la datent de la XVIIIe dynastie mais des doutes subsistent. Elle pourrait dater de la XIXe dynastie. Notons que l’architecture de KV63 n’est pas utilisée sous les règnes allant d’Amenhotep IV / Akhenaton à Horemheb, soit toute la fin de la XVIIIe dynastie.

La tombe fut inaccessible pendant plusieurs décennies avant la construction des huttes et le creusement de KV10. Sa disparition peut avoir été provoquée par une des pluies torrentielles qui s’abattent périodiquement sur Louxor, la dernière datant de 1994. Pour Otto Schaden, la tombe date de la fin de la XVIIIe dynastie sans datation précise. Il ne s’agit encore que d’une estimation.

Une cachette réellement intacte ?
Contrairement aux premières déclarations qui parlèrent d’une cachette (nous verrons pourquoi il faut parler de cachette un peu plus loin) intacte, KV63 fut ouverte au moins une fois après le scellement initial.

Il semblerait que la porte, non scellée, faisant face aux archéologues ne soit pas la porte originelle. Les blocs de pierre éparpillés sur le sol dans le couloir menant à la chambre unique appartiendraient au premier scellement. Cela signifie donc qu’après une première inhumation, la tombe-cachette fut rouverte au moins une fois, à une période où elle était accessible. Reste à déterminer si la ou les premières inhumations demeurent in situ. Le désordre visible du contenu montre un travail rapide d’inhumation.

Le contenu de la cachette
Hawass parle de KV63 comme d’une cachette, opinion généralement partagée. La forme de la tombe, sa petitesse (une chambre de 4 mètres sur 5), une inhumation hâtive et désordonnée font penser à une cachette. Elle ne possède aucune décoration. Il y voyait une cachette royale, contredit quelque temps après par Mansour Borraiyk, un responsable des antiquités égyptiennes, ne voyant pas d’indice pouvant conclure à des momies royales. Une grande confusion régna plusieurs semaines sur le nombre d’objets de la cachette. Il faut dire que les observations jusqu’en fin février se faisaient de loin, car la porte demeurait en place.

Officiellement, on nous annonça 5 ou 6 cercueils et plusieurs momies ainsi qu’une vingtaine de jarres brisées ou intactes et scellées. Le 22 février, Atef Abul Dahab (responsable des antiquités pour la Haute Égypte) annonçait à nos confrères de la Gazette Egyptian qu’il y avait (au moins) 8 momies. Pour le moment, les chercheurs dénombrent 7 cercueils anthropoïdes et 27 jarres contenant sans doute des offrandes de nourriture[7]. D’autres objets non visibles peuvent se cacher sous les débris et les recoins de la cachette.

Sur les cercueils, si plusieurs possèdent des visages fins et dorés, plusieurs furent recouverts d’une résine noirâtre (voir plus bas). On distingue aussi sur plusieurs cercueils des mains situées au niveau de l’abdomen. Cependant, elles ne sont pas croisées[8], indice montrant qu’il ne s’agit pas de cercueils royaux. Aucun uræus n’a été découvert jusqu’à présent[9].

Il apparaît que trois cercueils possèdent un visage peint à dominante jaune (dit « yellow face »). Ce sont visiblement trois cercueils de femmes. Un des cercueils appartient à un enfant. Celui-ci est posé sur plusieurs cercueils adultes. Autre preuve d’une inhumation à la va-vite :sur le nombre exact de momies, rien n’a été précisé. Les archéologues ne savent pas s’il y autant de cercueils que de momies ou non. Le jour de l’ouverture, les fouilleurs brisèrent par inadvertance un grand ostracon portant un dessin au charbon d’un homme[10].

Pillage ? Dégradations volontaires ?
Si l’hypothèse de la cachette semble la plus probable actuellement, il semble que plusieurs cercueils furent volontairement mutilés. Impossible de savoir, sans étude approfondie, si cela s’est fait avant la fermeture initiale du tombeau ou lors d’une réouverture. Est-ce lié aux personnes inhumées ? Indice pour dater la tombe après le règne d’Akhenaton ? Est-ce une nouvelle cache amarnienne ? Cette dernière hypothèse revient régulièrement, notamment à cause du visage du premier cercueil qui peut rappeler ceux de Toutankhamon. Cependant, il faut se montrer très prudent avant toute analyse.

L’inhumation rapide se remarque aussi par le fait que l’on voit des cercueils ouverts et d’autres plus ou moins ouverts. Mais difficile d’en dire plus sans analyse. L’étude devrait tenter de déterminer d’où vient tout ce matériel. D’autres tombes de la Vallée des Rois ?

Le mauvais état des cercueils
Les cercueils (et les momies ?) donnent des « sueurs froides » aux archéologues. Les termites, depuis des siècles, s’acharnent sur ces objets en bois. Leur mauvais état obligera à de lourdes consolidations et restaurations in situ avant de vouloir bouger quoi que ce soit. Il semble, selon les premières constatations, que la résine noirâtre de plusieurs cercueils ait été appliquée afin de protéger l’intégrité de l’objet. Cette détérioration risque de compliquer le travail d’analyse. Cependant, plusieurs cercueils semblent intacts.

L’identité des momies, des jarres et des cercueils
Cercueils royaux, momies de rois, de reines, de princes, momie de Néfertiti, de princesses amarniennes, etc. Toutes les hypothèses défilèrent et défilent encore. À l’heure où nous écrivons, nous n’avons ni noms, ni titres, ni dates selon la formule d’Otto Schaden. Il est intéressant de noter que dans une interview[11], Earl Ertman dit qu’il n’a vu encore aucune inscription pouvant aider à la moindre identification. Les jarres, bien que scellées, ne comportent aucun sceau ou marques visibles.

Un long travail
Juste avant la dernière semaine de février, l’équipe américaine a finalement terminé de dégager la porte et les premiers débris du couloir menant à l’unique chambre de la tombe. Le travail avance lentement, très lentement diront certains. Mais il ne faut omettre aucun indice, aucun fragment. Tout peut avoir son importance. La tombe 10 d’Amenmès servira de réserve et de laboratoire de travail. Les différents objets y seront transférés pour étude et terminer la restauration. Personne ne sait combien de temps prendra le travail de consolidation in situ des cercueils. Leur sortie constituera une étape délicate.

La chaleur commence à s’abattre sur la Vallée des Rois depuis quelques semaines. Et la fin de la saison s’approche rapidement. L’un des objectifs de l’équipe est pouvoir vider la cachette avant de quitter le site, mais la lenteur des fouilles et des restaurations peut compliquer la tâche…

Otto Schaden nous a confirmé que la mission KV10 n’en sera pas pour autant laissée de côté. Si la saison à l’intérieur de la tombe n’est pas terminée, sans doute à cause de la nouvelle tombe, le travail continuera les saisons prochaines.

Site officiel : www.kv-63.com

[1] Plusieurs égyptologues et personnes contactées sur KV63 ont préféré garder l’anonymat.

[3] située à environ 14,50 mètres

[5] http://www.ldolphin.org/egypt/egypt2/index.html

[6] http://www.valleyofthekings.org/vofk/default.htm

[7] une jarre mesure environ 70 centimètres.

[8] avec les poings fermés

[9] Aayko Eyma, "Q&A session with Roxanne Wilson about KV-63", March 1, 2006, The Egyptologists' Electronic Forum. URL: http://www.egyptologyforum.org/bbs/KV63Q&A.html

[10] Aayko Eyma, op. cit.

[11] Akron Beacon Journal du 20 février 2006